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Opération « Droit de la jeune fille rurale au Baccalauréat »

Argumentaire pour celles et ceux  qui veulent être convaincus (es) d’un réel ignoré ou minimisé

L’inégalité des chances de développement et de bien être social, individuel et collectif, entre le Maroc urbain et le Maroc rural, est le chantier majeur qui est toujours ouvert depuis 50 ans d’indépendance devant tous les acteurs du pays. Malgré les indéniables efforts des pouvoirs publics et apports substantiels de la société civile, surtout depuis une dizaine d’années, le Maroc rural est encore aux prises avec des déficits décisifs pour l’avenir du pays, tout particulièrement en matière d’éducation et de formation, secteur-clé du développement durable, de l’avis de tous les théoriciens, experts et planificateurs du développement.

Or, le pari sur ce secteur central de développement qu’est le système éducatif, ne peut être tenu uniquement sur ses offres de base, l’alphabétisation et le cycle primaire. Ses vraies potentialités de promotion de l’individu et de la collectivité, ne commencent qu’avec les offres d’un enseignement collégial, d’un enseignement de qualification (à un métier) et d’un enseignement universitaire conséquent sur le marché du travail. Autrement dit, quelconque performance de ce système, à l’enseigne de l’objectif du développement durable, ne saurait prétendre à un droit de cité que si elle concerne ces paliers, au moins celui de l’enseignement collégial qui concerne les âges de 10 à 14/15 ans.
Dans le cas du Maroc, cet enseignement collégial est non seulement fort déficitaire en milieu rural, mais il est quasi dramatique pour les filles rurales.
Trop souvent, sinon toujours, on n’ambitionne par le mot d’ordre « scolarisation de la petite fille rurale » que la conquête d’une alphabétisation primaire, que l’occupation plus ou moins éphémère d’un banc dans l’école primaire, sans réelle et persistante préoccupation pour les chances qu’aurait la bénéficiaire d’une inscription au primaire de parachever sa scolarisation, décrétée obligatoire par le législateur et par la loi (jusqu’à l’âge de 15 ans révolus).[1] Or, force est de constater que la plupart des projections, diagnostics et ambitions des moult réformes et discours critiques qui abordent depuis des décennies le système éducatif marocain, surtout en ce qui concerne la femme, ne poussent pas leurs réflexions, inquiétudes, prospectives et objectifs jusqu’à ce seuil légitime et naturel du droit de la jeune fille rurale au Baccalauréat, pas même au seuil de l’accès à l’enseignement collégial.
Autrement dit, la petite marocaine est pratiquement exclue du parcours scolaire qui doit aboutir normalement au Baccalauréat, voire à un diplôme universitaire.
Dans ce cas, une rurale qui finirait diplômée d’université serait une rare exception, sinon une inconnue, du moins pour les statistiques et analyses disponibles à ce jour.

[1] Notamment la loi 04.00 et le discours royal de Septembre 2000.

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